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Mary Pierce : « Eliakim est un diamant à polir »

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Interview réalisé par nos confrères de RFI.

En 2000, Mary Pierce remportait le tournoi de tennis de Roland-Garros. Vingt-ans plus tard, la Française aujourd’hui âgée de 45 ans continue de s’investir dans son sport, et notamment en Afrique. Elle aide ainsi le jeune ivoirien Eliakim Coulibaly.

Mary Pierce, quelle relation entretenez-vous avec l’Afrique ?

Mary Pierce : J’ai vécu pendant dix ans à l’Ile Maurice. J’ai aidé des jeunes joueurs de tennis là-bas. J’ai envie de m’investir sur ce continent et d’aider des jeunes joueurs et joueuses africaines qui ont du potentiel, du talent, mais qui n’ont pas les moyens. Moi, à 13 ans, j’avais obtenu un sponsor pour trois ans. Ça a permis à ma famille de vivre, de manger, de voyager. Après, à 16 ans, je figurais parmi les 30 meilleures joueuses mondiales. Donc, je sais ce que c’est quand on a le talent mais pas les moyens.

En Afrique, il y a très peu de moyens pour le tennis…

Les conditions sont difficiles. Ils n’ont pas toujours les infrastructures, les bons équipements. Il manque parfois des chaussures ou des choses comme ça. Ou il manque des bons entraîneurs. Mais ils font avec ce qu’ils ont. Et ils ont faim. Ils sont prêts à travailler dur, à souffrir, à se battre. Ils sont très reconnaissants pour tout. Et ce sont des qualités que j’apprécie et qui sont importantes pour devenir champion. Et, moi, j’ai envie d’aider et de m’investir en Afrique.

Vous vous occupez particulièrement du jeune ivoirien Eliakim Coulibaly. Comment s’est faite cette association ?

Comme j’en suis à mon deuxième mandat au Conseil d’administration de la Fédération internationale de tennis (ITF), je suis au courant de ce qu’il se passe et je me renseigne sur le tennis en Afrique. J’ai donc vu qu’il y avait un très bon joueur : Eliakim Coulibaly de Côte d’Ivoire. J’ai participé à une réunion par Zoom avec le centre ITF de Casablanca auquel participait les joueurs, joueuses et entraîneurs. Eliakim était présent. C’était le seul à m’avoir posé deux questions. Je les ai trouvées intéressantes. Il y avait quelque chose chez lui qui le rendait différent de tous les autres. Il est sorti du lot. Je me suis renseignée un peu à son sujet. Je voyais ses résultats, son classement, son parcours. J’ai trouvé un sponsor pour lui, un ami à moi. Cet ami est passionné de tennis et il a du cœur.

C’est génial parce que j’ai pu amener Eliakim dans le sud de la France où je suis désormais basée. Eliakim s’entraîne à l’académie de Patrick Mouratoglou. […] Il s’entraîne là-bas avec Christophe Couprie, qui est Franco-Camerounais. […] J’aime beaucoup travailler en binôme et on le fait très bien avec Christophe. Je suis vraiment très enthousiaste vis-à-vis du futur. C’est un projet à long terme, donc il faut lui donner du temps parce qu’il y a plein d’aspects à travailler. Eliakim est un diamant à polir.

Quel est son potentiel ?

Eliakim est très fort physiquement, naturellement. C’est un gaucher, ce qui est un avantage. Il est parmi les 20 meilleurs au monde, chez les juniors. Il a un très bon service. J’aime son jeu. Je vois qu’il a beaucoup de potentiel. Et puis, il est reconnaissant et prêt à travailler. Il apprend vite et met en pratique tout de suite ce qu’on lui dit. Et puis, c’est un garçon qui est cool, qui est bien sur le court et en-dehors. C’est un plaisir d’être avec lui.

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