Paroles aux acteurs

Parole au Coach et DTN Dabiré Sansan

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Interview de Dabiré Sansan

Vous êtes resté le numéro un burkinabé pendant une très longue période. Que pouvez-vous nous dire de ces années au sommet du tennis de votre pays ?

Je suis Dabiré Sansan la terreur des courts à une certaine époque (rire) maintenant reconverti en coach. J’ai été n°1 du Burkina Faso de 1996 à 98 puis de 2000 à 2003.

La Fédération du Burkina a traversé des moments difficiles qui m’ont poussé à immigrer en Côte d’Ivoire alors que j’étais au top de ma forme. J’étais n°1 du Burkina mais très rarement au pays, coincé que j’étais entre les petits tournois pour gagner ma vie et les tournois satellites pour monter dans le classement mondial. C’était de très belles années mais avec beaucoup de regrets.

Pensez vous que vous auriez pu faire beaucoup mieux (classement ATP) si vous aviez reçu plus de visibilité et de soutien ?

Oui, sans hésitation…c’est pour cela que je parle de regrets. Avec plus de visibilité et du soutien j’aurai probablement pu naviguer au moins autour de la 200 ème place au classement ATP….tout comme N’Goran Claude (n°200 ATP au 07/08/1995). J’ai été assimilé 1ère série française, jouant régulièrement au niveau -30 et bien au dessus alors que j’avais moins de 20 ans. J’avais la volonté de devenir un grand joueur comme : Claude N /Ilou Lonfo et les autres mais…..

Vous êtes le nouveau DTN du tennis burkinabé. Comment se porte le tennis dans votre pays ?

Oui effectivement, j’ai été nommé DTN depuis 2 ans ; DTN de la Diaspora ivoirienne. Le niveau général du tennis Burkinabé a baissé parce que le pays a traversé une grave crise politique commencée en 2010 qui a freiné la compétitivité de nos meilleurs jeunes. C’est seulement à partir de 2017, avec le changement survenu à la tête de notre Fédération, que nous avons pu recommencer à sortir un peu avec les enfants de 14 ans et moins pour les tournois internationaux.

Qui sont les nouveaux espoirs et de quoi ont-ils le plus besoin pour progresser au  maximum de leurs possibilités ?

Malgré tout, les perspectives sont assez bonnes.  Des jeunes pétris de talents commencent à se faire remarquer. On peut citer : Nezien Abou, Thierry ouedrago, Ibrahim Joël, Nezienibie Éric, Sereine Mohamed, Ilboudo Ives Crépin, Dabiré Samuel Kilian junior et autres, tous de la diaspora ivoirienne en ajoutant les locaux qui sont, notamment, TapsobaAlann, Bessebro Narcisse , Nacoulma Akim ,Kalaga Cheick Abdoul etc…

Pour réussir le talent seul ne suffit pas. Il leur faut un bon encadrement, des entrainements adaptés, des soutiens financiers et beaucoup de tournois.

Comment la situation sanitaire mondiale impacte vos activités de coach et de DTN ?

Je pense que nous traversons une des pires périodes de notre existence.  On tente bien que mal de suivre à la lettre les instructions du gouvernement mais mon Dieu…c’est très compliqué pour tous les coachs qui ne vivent que du tennis. En attendant la reprise, on essaie de travailler la théorie du tennis selon la plateforme créée par Coach Lonfo (seul coach de niveau 3 dans la sous région).

Vous êtes l’heureux papa du jeune prodige Samuel (6 ans) qui rêve de devenir le Roger Federer africain. Que pensez-vous de son talent pour la balle jaune ?

Le fiston Samy a un talent promoteur et peut relever de grands défis s’il continue sur sa lancée. Son atout majeur est qu’il est raide dingue de tennis. Il peut jouer toute une journée au mur ou avec ses amis si on ne l’arrête pas… Il est dévoué, très motivé et appliqué sur un court de tennis. C’est incroyable à cet âge…

Avant le virus, il s’entrainait avec son coach 1h par jour les mercredis, samedis et dimanches. Depuis, c’est un peu plus avec la fermeture des écoles. Les cours à la maison lui permettent, cependant, de rester connecté aux études, ce qui est très important.

Un mot sur Africa Tennis ?

C’est une très belle initiative qui permettra de faire rayonner le tennis africain au niveau mondial. Félicitations aux initiateurs. Le tout c’est que nos dirigeants y adhèrent. L’Afrique a tout pour réussir mais il faut de gros moyens financiers et une bien meilleure gestion de nos dirigeants.

Interview de Me Georges N’Goan, Président de la FIT

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